L’essentiel
dans l’agression est de guider l’erreur qui se trouve dans
l’adversaire vers une non efficacité.
Agissez ainsi à l’égard de votre adversaire qui
est faible dans sa colère à vouloir vous détruire.
C’est ce que veut dire la « Mèche fumante ».
« Elle brûle, c’est la colère dans le cœur.
Elle fume, c’est quelque injure que votre adversaire profère
sur vous. Gardez-vous bien de l’éteindre avec violence,
ne vous vengez pas, ne vous défendez pas, mais donnez lieu à
la colère. Laissez-la fumer un peu et s’éteindre
d’elle-même. Si elle fume, c’est qu’elle s’éteint,
ne l’éteignez pas avec force, mais laissez cette fumée
s’exhaler et se perdre inutilement au milieu de l’air sans
vous blesser ni vous atteindre.»
Si l’on rend coup pour coup, on pactise alors avec l’erreur
et le respect de l’adversaire est immédiatement abandonné.
Dès que ce dernier a senti que son attaque était inutile,
l’ignorance commence à s’extirper de lui et à
cet instant, nous assistons à un changement total de son comportement
sur les plans mental et physique.
Dans l’acte de sauvegarde, l’espérance n’est
pas de protéger son propre corps, elle est avant tout une espérance
spirituelle et vise au renouvellement de l’adversaire par l’Amour.
Il est difficile pour le profane de comprendre la résistance
des forces négatives aux forces de l’Amour.
Si nous opposons un geste violent à un autre de même nature,
il est sans doute possible de résister un moment à la
violence, mais jamais nous ne détruirons les racines de l’erreur.
Nous risquons en opposant la violence à la violence de faire
redoubler l’agressivité en augmentant ainsi ce que nous
voulions détruire. Cette situation nouvelle du combat non violent
est non seulement possible individuellement mais collectivement.
« Aïki », c’est la Victoire par la Paix »
Ce concept ne permet pas de vaincre mais de convaincre que l’attaque
est inutile.
Il faut projeter dans le cœur adverse et dans les consciences les
plus noires une telle force de bienveillance que nous les gagnerons
à leur insu par leur victoire et également par la nôtre. |